Avatar : le film écolo le plus populaire de tous les temps, mais pas le plus écolo chic
« Aucun studio n’aurait jamais pensé pouvoir faire 3 milliards de dollars avec un film véhiculant un message écologique ». C’est James Cameron qui le dit, après le succès planétaire de son film Avatar. Nominé neuf fois aux Oscars, ce film n’est pourtant pas la panacée .
Il faut quand même dire ce qui est : Avatar est époustouflant. C’est un grand et impressionnant film d’aventures, proposant une quête entrainante et captivante. C’est également une prouesse technologique qui inaugure l’avènement d’un nouveau genre qui pourrait bien relancer les salles de cinéma : la 3D. Avatar est donc une réussite, indéniablement. Un des plus grands films populaires de cette décennie.
Mais Avatar me dérange un peu aux entournures. Que voulez-vous, c’est à cause de mon esprit de contradiction qui fait mon charme et à cause de mes entournures. Le film est en effet présenté comme une fable écologique. Tout y est, toutes les clés habituelles du bon schéma de la réussite écolo :
- Les hommes sont de fieffés abrutis, qui se perdent eux-même dans une conquête de territoires et de richesses
- Les Omaticaya, ce peuple Na’vi qu’intègre le héros, défendent des valeurs écologiques simples : il faut respecter la nature, ne pas tuer les animaux, vivre en harmonie avec l’environnement, mager cinq fruits et légumes par jour…
- Avides et cupides, les hommes envoient les Marines régler le problème avec les sauvages, avec ce vocabulaire bien à eux
Le message derrière tout cela est clair : «Nous devons penser à préserver les populations indigènes qui subsistent sur notre planète, et surtout leur habitat. Il faut que nous arrêtions de détruire notre biodiversité », comme l’a rappelé James Cameron lors de la conférence de presse qu’il a donnée à Paris avec l’équipe d’Avatar. Ne vous trompez pas, je ne suis pas contre ce message. Mais la manière dont tout ceci est envoyé va un peu à l’encontre des méthodes qui nous intéressent chez Cezame. Mais, oui, l’auriez-vous oublié ? Cezame, c’est LE magazine Ecolo Chic. Notre leitmotiv est et reste « Be smart, get green », mais nous défendons plus que tout l’idée que l’on peut aborder l’écologie et participer à aider la planète au travers du plaisir.
Et, autant le dire très directement, Avatar offre le plaisir de passer un très bon moment, mais le message véhiculé est loin d’être celui de l’écologie plaisir. Très loin même. Et si je reprends un point soulevé par Terra Eco récemment : Avatar est même un film prônant certaines des valeurs de l’écoterrorisme. Tout ce qu’on n’aime pas beaucoup ici. Mais oui, présenté comme une épopée écologique, Avatar est surtout un western, un film guerrier justifiant le combat pour défendre ses valeurs.
Neytiri est une Pocahontas extra-terrestre (cf l’histoire d’amour entre un militaire et une « sauvage » ), les Na’vi des eco-warriors, et une grosse partie du film des actes de violence légitimés par des considérations écologiques.
Bref, nous leur souhaitons plein de réussites aux Oscars, mais nous aimerions bien voir un jour une approche plus écolo chic du problème au cinéma. Parce que moi, j’en ai un peu assez maintenant de ce grand écart imposé entre les documentaires anxiogènes et les épopées sauvages lorsqu’on aborde les green movies – et pourtant je suis souple.



05. mar, 2010 





Auteur
j’ai du mal à comprendre votre concept d’écolo chic mais bon……je vais feuilleter votre blog pour y voir de plus près…..
J’apprécie l’esprit analytique que vous nous proposez.
Cependant, être en avance sur son temps n’est pas toujours porteur.
En effet, pour véhiculer une idée et transformer les mentalités, il est indispensable de partir de l’existant.
Ce film aurait-il été autant apprécié et acclamé sans toute cette action?
Ce qui est sûr c’est que beaucoup de personnes sont allées voir Avatar et revenus charmées.
Et de même que « Une vérité qui dérange » a convaincu une certaine population, Avatar en a, sans aucun doute, touché une autre.
Merci pour votre point de vue, complémentaire du mien.
Ce que vous dites est sans doute vrai, et je le souhaite même. Mais ça ne me fera pas me sentir à l’aise avec la démarche de Cameron pour autant
Comment dit-on navet en navi??? 3D OK, mais ficelé à son fauteuil cinéma sans interactivité pendant près de 3H est-ce vraiment une bonne écologie de fonctionnement?