J’ai peur d’un noel ecolochic
Bonjour et bienvenue pour ce nouveau Podcast de Cezame, le Magazine Ecolochic.
Je ne sais pas vous, mais moi, Noel me fait peur. Il m’a toujours fait peur en vérité.
Bon, quand je dis qu’il me fait peur, il faut relativiser. Mais disons que, d’une manière générale, j’ai un peu peur des cadeaux qu’on me fait. Toujours la crainte que ça tombe à côté de la plaque, toujours la frousse que ça ne me plaise pas. EN gros, j’ai toujours peur du vieux cadeau foireux.
Vous la connaissez tous cette situation. C’est le réveillon de Noel, toute la famille est réunie. C’est l’heure d’ouvrir les cadeaux. Tatie Danielle s’approche avec un paquet dans les bras et un sourire sur le visage. Non, vous n’y échapperez pas. C’est enfin le moment, et c’est pour votre gueule.
Alors vous prenez le truc emballé dans du papier qui montre un petit chien qui joue avec un ballon dans un jardin recouvert de neige, et vous commencez à l’ouvrir. A mesure que vous défaites les noeuds, il y en d’autres qui se font dans votre ventre. Et ça ne loupe pas : « Oh, le beau tire-bouchon. Merci Tatie », vous entendez-vous dire d’une voix morne, à peine surpris de votre déception. Ben oui, vous aimez le vin, alors la Tatie, elle s’est dit qu’un bon tire bouchon à 1€50, ça pourrait faire l’affaire.
D’une manière générale, Noel a pour moi souvent été l’époque des grandes déceptions. L’époque de ces cadeaux peu convaincants offerts par des gens peu convaincus. En vrac, me reviennent en mémoire quelques uns de ces exemples de cadeaux, moins chaleureux que malheureux :
On m’a offert le livre que je venais de m’offrir moi même deux semaines auparavant, avec comme explication : « J’ai vu que tu avais un livre de cet auteur, alors je me suis dit que je ne pouvais pas tomber à côté ». Ben si…
Il y a également eu : « J’ai vu que tu ne portais pas de montre, alors je t’en offre une. En plus, comme tu aimes le vélo, j’ai fait d’une pierre deux coups ». Et on me tend, très satisfait, une montre à 2 balles, avec la grande aiguille en forme de pédalier de vélo, et la petite en forme de guidon. Le chic accessible en somme.
Il y a également l’ouvrage expliquant comment réparer soi-même sa voiture, avec, dans le regard du tonton une lumière signifiant : « Ben quoi, t’es un mec ou t’en est pas un ». Il faut dire que j’avais reçu une petite caisse à outils l’année précédente.
Je suis sûr que tout cela vous rappelle à votre tour quelques tours que l’on vous a joués à Noel. Ce serait d’ailleurs amusant que vous les partagiez ici, en commentaire, si vous en avez envie.
Bref, tout ceci pour vous dire que Noel s’approche et que les gens pas convaincus, ces mêmes gens qui oublient de mettre une vraie intention derrière les cadeaux qu’ils font, vont être amenés à se dire : « Merde, y a aussi Erick. T’as une idée pour son cadeau ? Moi, j’sais pas quoi ».
Vous avez remarqué d’ailleurs, ce n’est jamais « Je ne sais pas ce qui pourrait lui faire plaisir » avec ces gens là, c’est « chépâquoi ». Le plaisir de l’autre n’existe pas, c’est juste l’obligation du cadeau qui fait foi.
Noel approche donc, et ces mêmes gens là vont sans aucun doute se dire cette année : « Ah mais si, ça y est, je sais. Tu sais, Erick il a son Cézame, là, son truc écolotruc. Y a qu’à lui acheter un truc écolo pareil ».
Et voilà, vous savez maintenant pourquoi j’ai encore peur de Noel cette année. Parce que, sans aucun doute, il y aura sous le sapin plein de jolis cadeaux écolos étonnants et … ben étonnants.
« Tient Erick, c’est une casquette avec un ventilateur qui se recharge avec le soleil. Avec le réchauffement climatique, ça va être utile ça »… Et il faudra dire merci.
« Oh, mais qu’est-ce que c’est ça ? Ah… un gobelet en bambou. Oui, c’est vrai, c’est bien, c’est utile quoi, si j’ai soif par exemple. Bon, ça ne passe pas au lave vaisselle, mais c’est bien, c’est utile quoi… un gobelet… en bambou »
Et je vous passe les slips en coton bio, les boules de lavage qui ne lavent pas ou le fameux vin biodynamique qui pique. Mais ils auront encore le choix entre un livre « La terre vue du Ciel », un cabas pour faire les courses avec marqué dessus « Je suis écolo et je vous supplie vous aussi de sauver la planète en faisant vos courses » et le coffret de petits savons de Marseille : « C’est écolo ça ? Euh, je sais pas, mais comme ma grand mère en avait… ».
Il y aura peut-être même sous le sapin une gourde Sigg, ces fameuses gourdes en alu dites écolo sur lesquelles j’ai écrit un brulot en expliquant que cette marque se fichait du monde, et du monde écolo en particulier. Ou bien un bonnet péruvien en pure laine de Lama.
Tout ça me gratte rien que d’y penser.
Il y a des fois où c’est chouette de se dire que l’on peut faire des choses qui vont dans le bon sens pour notre mère planète. Et il y en d’autres, comme à Noel, où je me dis que j’aurai mieux fait de lancer un magazine sur l’iPhone, comme tout le monde.
Sur ce n’oubliez pas, Be Smart, Get Green quand même.
Retranscription
« Bonjour et bienvenue pour ce nouveau Podcast de Cezame, le Magazine Ecolochic.
Je ne sais pas vous, mais moi, Noel me fait peur. Il m’a toujours fait peur en vérité.
Bon, quand je dis qu’il me fait peur, il faut relativiser. Mais disons que, d’une manière générale, j’ai un peu peur des cadeaux qu’on me fait. Toujours la crainte que ça tombe à côté de la plaque, toujours la frousse que ça ne me plaise pas. En gros, j’ai toujours peur du vieux cadeau foireux.
Vous la connaissez tous cette situation. C’est le réveillon de Noel, toute la famille est réunie. C’est l’heure d’ouvrir les cadeaux. Tatie Danielle s’approche avec un paquet dans les bras et un sourire sur le visage. Non, vous n’y échapperez pas. C’est enfin le moment, et c’est pour votre gueule.
Alors vous prenez le truc emballé dans du papier qui montre un petit chien qui joue avec un ballon dans un jardin recouvert de neige, et vous commencez à l’ouvrir. A mesure que vous défaites les noeuds, il y en d’autres qui se font dans votre ventre. Et ça ne loupe pas : « Oh, le beau tire-bouchon. Merci Tatie », vous entendez-vous dire d’une voix morne, à peine surpris de votre déception. Ben oui, vous aimez le vin, alors la Tatie, elle s’est dit qu’un bon tire bouchon à 1€50, ça pourrait faire l’affaire.
D’une manière générale, Noel a pour moi souvent été l’époque des grandes déceptions. L’époque de ces cadeaux peu convaincants offerts par des gens peu convaincus. En vrac, me reviennent en mémoire quelques uns de ces exemples de cadeaux, moins chaleureux que malheureux :
On m’a offert le livre que je venais de m’offrir moi même deux semaines auparavant, avec comme explication : « J’ai vu que tu avais un livre de cet auteur, alors je me suis dit que je ne pouvais pas tomber à côté ». Ben si…
Il y a également eu : « J’ai vu que tu ne portais pas de montre, alors je t’en offre une. En plus, comme tu aimes le vélo, j’ai fait d’une pierre deux coups ». Et on me tend, très satisfait, une montre à 2 balles, avec la grande aiguille en forme de pédalier de vélo, et la petite en forme de guidon. Le chic accessible en somme.
Il y a également l’ouvrage expliquant comment réparer soi-même sa voiture, avec, dans le regard du tonton une lumière signifiant : « Ben quoi, t’es un mec ou t’en est pas un ». Il faut dire que j’avais reçu une petite caisse à outils l’année précédente.
Je suis sûr que tout cela vous rappelle à votre tour quelques tours que l’on vous a joués à Noel. Ce serait d’ailleurs amusant que vous les partagiez ici, en commentaire, si vous en avez envie.
Bref, tout ceci pour vous dire que Noel s’approche et que les gens pas convaincus, ces mêmes gens qui oublient de mettre une vraie intention derrière les cadeaux qu’ils font, vont être amenés à se dire : « Merde, y a aussi Erick. T’as une idée pour son cadeau ? Moi, j’sais pas quoi ».
Vous avez remarqué d’ailleurs, ce n’est jamais « Je ne sais pas ce qui pourrait lui faire plaisir » avec ces gens là, c’est « chépâquoi ». Le plaisir de l’autre n’existe pas, c’est juste l’obligation du cadeau qui fait foi.
Noel approche donc, et ces mêmes gens là vont sans aucun doute se dire cette année : « Ah mais si, ça y est, je sais. Tu sais, Erick il a son Sésame, là, son truc écolotruc. Y a qu’à lui acheter un truc écolo pareil ».
Et voilà, vous savez maintenant pourquoi j’ai encore peur de Noel cette année. Parce que, sans aucun doute, il y aura sous le sapin plein de jolis cadeaux écolos étonnants et … ben étonnants.
« Tient Erick, c’est une casquette avec un ventilateur qui se recharge avec le soleil. Avec le réchauffement climatique, ça va être utile ça »… Et il faudra dire merci.
« Oh, mais qu’est-ce que c’est ça ? Ah… un gobelet en bambou. Oui, c’est vrai, c’est bien, c’est utile quoi, si j’ai soif par exemple. Bon, ça ne passe pas au lave vaisselle, mais c’est bien, c’est utile quoi… un gobelet… en bambou »
Et je vous passe les slips en coton bio, les boules de lavage qui ne lavent pas ou le fameux vin biodynamique qui pique. Mais ils auront encore le choix entre un livre « La terre vue du Ciel », un cabas pour faire les courses avec marqué dessus « Je suis écolo et je vous supplie vous aussi de sauver la planète en faisant vos courses » et le coffret de petits savons de Marseille : « C’est écolo ça ? Euh, je sais pas, mais comme ma grand mère en avait… ».
Il y aura peut-être même sous le sapin une gourde Sigg, ces fameuses gourdes en alu dites écolo sur lesquelles j’ai écrit un brulot en expliquant que cette marque se fichait du monde, et du monde écolo en particulier. Ou bien un bonnet péruvien en pure laine de Lama.
Tout ça me gratte rien que d’y penser.
Il y a des fois où c’est chouette de se dire que l’on peut faire des choses qui vont dans le bon sens pour notre mère planète. Et il y en d’autres, comme à Noel, où je me dis que j’aurai mieux fait de lancer un magazine sur l’iPhone, comme tout le monde.
Sur ce n’oubliez pas, Be Smart, Get Green quand même ».
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